Comment savoir ce que Dieu veut transformer dans ma personnalité

Sammantha Thom 20 février 2026 - 5 min

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Comment savoir ce que Dieu veut transformer dans ma personnalité

N’est-il pas fascinant de constater que deux personnes issues de la même famille, ayant grandi sous le même toit et reçu la même éducation, puissent pourtant développer des personnalités presque opposées ?

Marthe et Marie en sont un exemple frappant. Nous les rencontrons pour la première fois dans Luc 10, dans l’intimité de leur maison, alors qu’elles reçoivent Jésus et ses disciples. Marthe, active et structurée, semble naturellement orientée vers l’organisation et attachée à ses devoirs. Elle s’affaire au service. Marie, plus contemplative et relationnelle, s’assied aux pieds du Seigneur et écoute sa parole. Deux sœurs. Deux postures. Deux tempéraments. Une même foi.

Plus tard, dans Jean 11, après la mort de Lazare, leurs différences réapparaissent. Marthe va au-devant de Jésus et engage avec lui un dialogue théologique qu’elle conclut par une confession remarquable : elle reconnaît en lui le Messie. Marie, quant à elle, tombe aux pieds de Jésus et pleure. Jésus, profondément ému, pleure aussi.

Le Fils de Dieu ne leur reproche pas leurs tempéraments différents. À l’une il offre un enseignement théologique, et à l’autre une réponse émotionnelle et compatissante. Il ne les uniformise pas : il les rejoint.

Cette observation soulève une question essentielle : si Jésus ne transforme pas le tempérament de Marie ou de Marthe, qu’en est-il de notre personnalité lorsque nous devenons disciples et que notre identité est renouvelée en Christ ?

L’identité en Christ efface-t-elle notre personnalité ?

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de distinguer l’identité de la personnalité.

La personnalité correspond à l’ensemble des traits psychologiques qui façonnent notre manière unique de penser, de ressentir et d’agir. Elle repose en partie sur un tempérament (ces dispositions naturelles avec lesquelles nous naissons) auquel s’ajoutent nos expériences, notre éducation, nos blessures et notre environnement.

L’identité, elle, renvoie à ce qui permet de reconnaître une personne et de la différencier des autres : son nom, son histoire, ses origines, son statut. Elle répond à la question : qui suis‑je ?

Comprendre cette distinction est crucial : notre identité change radicalement en Christ, mais notre personnalité reste la trame sur laquelle Dieu opère.

Au moment où tu as donné ta vie à Christ, tu as reçu en lui une nouvelle identité. La Bible déclare : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Co 5.17). Par ton union avec lui, tu n’es plus définie par ton passé, ton péché ou ton statut social, mais par ta position en Christ. Ton statut spirituel est transformé. Comme l’Écriture le dit : « À tous ceux qui l’ont reçue… elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1.12).

Mais la personnalité, elle, ne disparaît pas pour autant. Quelqu’un d’organisé ne se met pas à improviser du jour au lendemain. Une personne réservée ne devient pas soudainement le centre de l’attention. La conversion ne produit pas une uniformisation des tempéraments. Si rien n’est fait, le nouveau converti continuera naturellement à filtrer ses pensées, ses émotions et ses réactions à travers sa personnalité.

C’est précisément là que Dieu intervient. Il ne cherche pas à effacer notre structure, mais à transformer ce qui, en elle, est marqué par le péché, la peur ou les blessures. Une fois notre identité renouvelée, Dieu sanctifie notre manière d’être, transformant notre personnalité en un instrument qui le glorifie.

Alors, qu’est-ce que Dieu veut concrètement transformer dans ta personnalité ?

La réponse est simple : tout ce qui l’empêche de refléter Christ. Autrement dit, tout ce qui a été déformé par le péché, les blessures, l’influence du monde, la peur ou les mensonges. La vraie question n’est donc pas : Dieu veut-il que je devienne quelqu’un d’autre ? Mais plutôt : la manière dont j’exprime qui je suis reflète-t-elle Christ ?

Répondre à cette question demande un réel travail de lucidité. Il faut apprendre à se connaître, à discerner ses blessures, à analyser ses réactions, et à reconnaître l’empreinte du péché dans sa manière d’être. C’est seulement ainsi qu’il devient possible de distinguer l’essence de sa personnalité de son expression déformée.

Pour nous aider dans ce discernement, voici quelques questions pratiques.

1. Puis-je justifier ce comportement à la lumière des Écritures ?

La Bible nous appelle à être « imitateurs de Dieu » (Éph 5.1). Cela ne signifie pas que nous devons tous prêcher devant des foules ou reproduire littéralement les actions visibles de Jésus. Il s’agit plutôt d’adopter son caractère : aimer ceux qui nous blessent, rechercher la paix, être lents à la colère, etc.

Si une attitude ou une réaction contredit clairement ce que Christ a incarné et enseigné, elle est appelée à être transformée, et ce même si tu crois être « née comme ça ».

2. Ce comportement est-il motivé par la foi ou par la chair ?

L’exemple de l’apôtre Pierre illustre cette tension. Dans les Évangiles, il est audacieux, impulsif et orienté vers l’action. Mais avant la croix, cette assurance repose sur ses propres forces, et est souvent mêlée d’orgueil et d’insécurité.

Après la résurrection, Pierre reste courageux et prompt à agir, mais son audace est désormais guidée par l’Esprit. Son tempérament n’a pas changé, seule la source de ses actions est transformée. La même personnalité peut s’exprimer sous l’impulsion de la chair… ou sous celle de la foi (Gal 5.17).

3. Ce trait manifeste-t-il le fruit de l’Esprit ?

Que tu sois introvertie ou extravertie, organisée ou spontanée, relationnelle ou analytique, ta manière d’être est appelée à refléter le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi (Gal 5.22-23).

Si un trait de ta personnalité tend à étouffer un ou plusieurs aspects de ce fruit (par exemple s’il blesse, domine ou divise), alors ce trait ne doit pas être affirmé mais purifié.

4. Cette disposition est-elle innée ou le résultat d’un mécanisme de défense ?

Le tempérament ne s’acquiert pas, l’on naît avec. En revanche, certaines attitudes ne sont pas l’expression de notre nature profonde : elles sont des mécanismes de survie.

On peut s’endurcir à cause de l’injustice. On peut devenir excessivement indépendant par peur d’être abandonné. On peut se rendre invisible pour éviter le rejet. Dans ces cas, Dieu ne cherche pas à complètement supprimer notre personnalité, mais à guérir ce qui l’a déformée, pour nous ramener à ce que nous étions appelées à être (Ps 51.12).

La foi chrétienne n’a jamais eu pour but de produire des êtres uniformes, privés de pensée propre, d’émotions profondes ou d’originalité. Au contraire, la personnalité est un don de Dieu, il l’a façonnée dès l’origine (Es 64.8).

Toutefois, elle est marquée par le péché, les blessures et l’influence de ce monde. Elle ne reflète pas spontanément Christ dans toute sa gloire. Il est donc impératif, au lieu de tenter de l’éliminer, de la laisser être guérie, purifiée et restaurée par Dieu.

Sammantha Thom

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